• Raphael

Cahier des Charges sans compromis

Mis à jour : juin 5

Lorsqu’on parle de chaussures, on pense tout de suite au style : sa forme, son patronage, sa teinte. La majorité des clients achète une paire sans s’enquérir de la façon dont elle a été montée. Il est vrai que nous ne pouvons pas connaître tous les détails techniques et secrets de fabrication des produits que nous achetons.


Pourtant, en matière de soulier, ce qui n’est pas visible est au moins aussi important que ce qui l’est. Ce sont les matériaux et les méthodes de fabrication qui déterminent la longévité d’une paire (et le soin apporté par son propriétaire, évidemment). La botterie est un rêve pour tout passionné de chaussures. La possibilité de choisir son patronage, sa forme (son bout principalement), sa peausserie et tous les détails de finition en font un raffinement ultime.


C’est finalement le soin apporté à la fabrication qui fait toute la différence avec une paire de prêt-à-chausser. Il n’y a aucun compromis en botterie afin que les souliers puissent être portés toute une vie. Cela est possible grâce à des méthodes de fabrication qui permettent d’utiliser les matériaux les plus nobles. L’utilisation du cuir pour le bout dur et le contrefort nécessite un parage très minutieux et chronophage. Même chose pour le cambrion. Ils doivent être assez épais en leur centre afin d’apporter la rigidité nécessaire mais aussi très fins en leur bord pour se faire invisible et ne pas créer de douleurs. Il est donc extrêmement rare de retrouver ces éléments en prêt-à-chausser tant ils demandent un savoir-faire particulier et une grande attention lors du montage de la chaussure.

La finesse d'un point d'arrêt brodé demande des opérations manuelles, généralement incompatibles avec l'industrie.

Le travail réalisé en usine est très différent. Les compromis, que ce soit dans le choix des matériaux ou des techniques de fabrication, sont nombreux. Il n’est pas concevable pour une marque grand public qu’un ouvrier utilise 20 minutes de son temps pour parer un contrefort en cuir alors qu’elle peut acheter des substituts prêts à l’emploi en cellulose…


Bien sûr, il existe des différences importantes entre les marques dites de luxe et celles plus abordables. Cet écart de prix s’explique davantage par la qualité des peausseries utilisées, le travail réalisé au niveau du chaussant ou bien le soin apporté aux finitions que sur des procédés de fabrication très différents. Dans cet environnement assez binaire, notre ambition a toujours été de faire cohabiter ces deux mondes. Nous voulions une paire manufacturée dans le respect de la tradition bottière et utilisant les plus beaux matériaux. Ce n’était pas la voie la plus simple mais c’est celle qui nous permet aujourd’hui de te proposer un produit d’exception. Cet objectif n’est possible qu’avec le concours d’ateliers capables de satisfaire ce type de demandes. Les usines ne sont pas intéressées par ce type de projet qui nécessite trop d’opérations manuelles. Il faut un savoir-faire bien spécifique pour réaliser ces opérations complexes. Nous avons donc dû trouver un partenaire avec la technique suffisante et la même volonté que nous pour produire nos paires.

Il y a quelque chose de sacré dans le travail de notre partenaire.

Une fois l’atelier choisi, le plus dur restait à venir : retrouver les bons gestes. Si les premiers prototypes n’ont pas été satisfaisants,le résultat est aujourd’hui à la hauteur de nos attentes. Il aura fallu quatre années pour régler les machines, fabriquer des pièces spécifiques et définir des procédés de fabrication fiables afin de permettre à nos chaussures d’être manufacturées avec un niveau de détails et des matériaux nobles s’approchant de l’univers bottier. Tous ces efforts avaient deux principaux buts : - vous proposer une paire de chaussures de caractère avec une qualité de fabrication vous permettant de la porter toute une vie. Et même de la transmettre à votre petit-fils (souhaitons qu’il fasse la même pointure) ! - démontrer qu’il est possible de produire des souliers avec des matériaux de premier choix tout en respectant un cahier des charges proche de celui de la botterie. Certains chausseurs, même dans le luxe, s’éloignent parfois de cet esprit. J’espère que tu auras pris plaisir à lire ces quelques lignes. Nous parlerons dans notre prochain post de la différence entre mur rapporté et mur gravuré, et de ce que nous considérons comme le vrai cousu Goodyear. Amicalement.

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